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Claira (Clairà en Catalan) est une petite ville française située dans le département des Pyrénées-Orientales et la région de l’Occitanie (anciennement région Languedoc-Roussillon). Ses habitants sont appelés les Clairanencs et les Clairanencques.

Située à 8 mètres d’altitude, le Fleuve L’Agly, le Ruisseau Agouille Ventouse, le Ruisseau de Claira sont les principaux cours d’eau qui traversent la commune de Claira. 

L’église St Vincent

Claira étant un village de la plaine à l’extension récente, elle n’a pas un patrimoine très important, au contraire des petits hameaux de moyennes montagnes à l’histoire plus mouvementés. Il n’empêche qu’il y a quelques éléments importants, dont le principal est sans doute l’église paroissiale St Vincent. D’origine romane, elle fut modifiée au XIVe siècle par l’ajout de chapelles intérieures. Le chœur date de la fin du XVIIIe, la façade et la partie Ouest de la nef du XIXe. On y voit un enfeu et une inscription de 1372. Son clocher abrite deux cloches datées de 1328 (On dit qu’il s’agit des plus anciennes de France)

L’intérieur de l’église se compose d’un retable du maître-autel dont on explique l’histoire ci-dessous, d’un orgue (début XXe siècle), de divers retables (St Antoine de Padoue, XVIIIe), de quatre statues-reliquaires du XIXe, d’un Christ du XVIIIe, de deux statues de la Vierge des douleurs (XVIIIe), de deux toiles des XVIIe et XVIIIe siècle et d’un plat de quête du XVIe siècle.

Il faut savoir que l’église contient un retable, le retable du maître autel, qui fut difficilement achevé. Il fut commandé en 1650 à Lazare Trémulas, célèbre artisan catalan qui fut de nombreux chef-d’œuvre dans la région. Celui-ci s’engagea à le livrer le 22 janvier 1655.

Mais à cette époque les guerres franco-espagnoles vidèrent la ville de ses habitants, et la livraison fut annulée, bien que le travail soit bien avancé. Quinze ans plus tard, en avril 1670, on demanda au sculpteur Luis Générés, lui aussi un célèbre artisan local, de terminer le travail, ce qui fut fait. Le retable fut installé dans l’église et les habitants purent en profiter. Il subit quelques modifications : en 1705, 1706. En 1750 le sculpteur Michel Anglada travailla également dessus.

Ce retable fut brulé en 1794 lors de la Révolution française, mais quelques personnes purent sauver des flammes le bas relief doré sculpté, qui se retrouva dans le grenier du presbytère construit 90 ans plus tard, lieu où on le retrouva en 2004 pour sa restauration. Les deux panneaux que l’on peut voir désormais représentent l’annonciation (il est exposé dans la salle du trésor attenante à la sacristie, et l’eucharistie, qui représente deux anges tenant un calice. C’est ce deuxième panneau qui est désormais utilisé comme autel dans l’église de Claira… et que l’on peut voir de nos jours.

St Pierre de Vilario

St Pierre de Vilario est un ancien ermitage construit initialement sur les restes d’un village aujourd’hui disparu. L’appellation Vilario signifie « petit village », c’est une vila-rio. Vila étant un village, un lieu de vie. Ce n’est pas étonnant qu’il y ait eu ici un lieu de vie, si aujourd’hui il semble très proche de Claira, à l’époque médiévale il était à 2 ou 3 kilomètres, à peu près la même distance de Pia, au sud, et d’Ortolanes (Notre Dame de la Salut, à Pia). Ces distances équivalaient à ce qu’il était humainement possible de faire à pieds, tous les matins et tous les soirs, pour aller cultiver les champs. Les habitants de l’époque construisaient donc leurs villages à distance les uns des autres pour couvrir e culture la plaine de la Salanque.

De nos jours St Pierre de Vilario est un lieu de villégiature, un lieu de loisir appartenant à la ville de Claira que la population peut louer pour ses week-ends, ses soirées. C’est bien sûr l’été que c’est le plus intéressant. C’est d’autant mieux que le lieu est isolé, on peut donc y faire du bruit, mettre la musique forte, sans que ça gène qui que se soit.Le lieu est composé d’une église, ancien lieu de culte du village et seul gros bâtiment, permettant de réunir la population à l’abri. Elle est bien sûr dédiée à St Pierre, et elle est construite en galets de rivière. Logique : L’Agly est à deux pas. L’église a un toit à double pans, un chevet en hémicycle et un fronton plat. La façade a une porte d’entrée unique à arc en plein cintre, une fenêtre juste au-dessus, et un clocheton assez rectangulaire équipé d’une petite cloche.L’église est bordée par un préau assez grand et un second bâtiment, fermé. Il y a sur place tous les équipements nécessaires à l’accueil du public.

Les moulins de Claira

Les moulins de Claira sont deux bâtiments distincts, dont il faut souligner la différence. Il y a un moulin à vent et un moulin à eau. Ce dernier est un bâtiment historique, il date du XVe siècle, exactement c’est en 1447 que la population de Claira obtient la création d’un canal d’irrigation des digues de l’Agly, du côté de Rivesaltes, et sur lequel pouvait être construit un moulin à eau destiné à moudre le blé et donc faire sur place la farine destinée à la nourriture de la population. Le moulin à vent, lui, est bien plus récent et n’a pas vocation à être utilisé, mais il est le bienvenue sur place, agrémentant le lieu.

Cet endroit est terriblement plat, nous sommes en pleine Salanque, la vue porte loin. Les terrains alentours sont cultivés, mais sur place il y a un grand terrain vague permettant de garer les véhicules.

Le moulin à eau canalise l’eau du ruisseau lorsqu’elle s’approche, un ouvrage d’art en brique et pierre divise en deux le flux d’eau qui passe sous un mur derrière lequel se trouvaient les roues. Le reste du bâtiment est plutôt grand, à un étage, il dispose d’une terrasse. C’est de nos jours un lieux de villégiature, un lieu de loisir pour la population de la ville. Juste à proximité se dresse le moulin à vent, un joli bâtiment très original.

Le château et l’enceinte

La ville royale était dotée d’un château-fort, place de l’église bien sûr, et une enceinte fortifiée verrouillait le tout (XIIIe siècle). Cette enceinte était rectangulaire, le sens Nord-Sud plus longue que le sens Est-Ouest. L’église actuelle était contre le mur Est, le château lui faisait face. Ce château fut détruit par la municipalité en 1911-1912, une époque où l’on se souciait peu de sauvegarde du patrimoine historique. Au Sud-Est il y avait l’hôpital, une grande bâtisse fortifiée qui servit aux templiers comme aux hospitaliers (leurs successeurs) pour accueillir les indigents du village. Ce bâtiment, aujourd’hui le centre culturel municipal, fut transformé en 1851 en école de filles à l’initiative de Soeur Thaïs, religieuse du St Sacrement.

L’enceinte fortifiée était flanquée de 10 tours rondes, une à chaque angle, plus Une au Nord, un autre au Sud, deux à l’Est et les deux dernières à l’Ouest. Elle aussi 4 portes, une par côté. Il en reste 2 de nos jours.

Histoire

Préhistoire et Antiquité

Géographiquement, il faut savoir que la Salanque était, aux temps préhistoriques, une sorte d’immense marécage (d’ailleurs le mot « Salanque », « Sal-anque », signifie « Terres salées »). Evidemment aucun être humain n’y vivait, la zone était impropre à l’habitat, et ça très tard. De plus la terre de la plaine du Roussillon est trop acide pour avoir pu conserver une quelconque traces d’ossements, ce qui ajoute au fait qu’on ne connaît que peu de chose de la préhistoire sur le territoire de Claira.

Les premiers habitants indo-européens, chassés par le peuple celtes, n’ont pas laissé de traces de leurs présences. En fait les premières habitations ont été romaines. Claira a pour origine un domaine agricole romain, obtenu par une famille pour faire vivre la région suite à la colonisation militaire. Ce domaine, nommé « Villa », n’était pas isolé, les plus proches se trouvaient à quelques centaines de mètres seulement, et certaines ont donné naissance à d’autres villages (Pia, St Hippolyte par exemple) La chute de l’empire romain, a fait tomber en désuétude le domaine agricole, qui ne fut pas repris par les wisigoths, nouveaux maîtres du Roussillon. Puis les sarrasins envahirent la région, et les troupes de Charlemagne les chassèrent au delà des Pyrénées : commença alors la période chrétienne.

Capbreu de Claira / Millas

Principale enluminure du Capbreu de Claira/Millas, XIIIe siècle

Et c’est à cette période que le domaine agricole renaît. Quelques pionniers francs, venus du Nord de la France, s’installèrent dans les lieux et relancèrent le domaine. Nous sommes au XIe siècle.

Moyen-âge

Peu à peu le domaine s’agrandit, accueillant de nouvelles familles, qui proliférèrent. Le véritable village tel que nous le connaissons s’est construit durant le haut Moyen-Âge autour du château du seigneur local. Ce château s’appelait « Château de la Biterna » et sa présence est attestée en 1208. Le village ne semblait pas avoir à cette époque d’enceinte fortifiée.

Possession des roi de Majorque, Claira passa à l’Aragon avant de devenir la propriété personnelle de Jeanne d’Aragon, fille de Pierre III. La seigneurie de Claira changea de mains une fois à la fin du XVe siècle pour passer à la famille d’Oms. On retrouve en effet Guillaume d’Oms, gouverneur de Majorque et seigneur de Claira et de St Laurent de la Salanque alors que ses prédécesseurs n’avaient pas ce titre. Nul doute que le titre de gouverneur de Majorque lui permit d’obtenir des privilèges sur des terres royales, et Claira en était une au XVe siècle. Il est donc fort probable que Claira soit passé du roi d’Aragon à Guillaume d’Oms en remerciement de son dévouement.

En 1493, après 30 ans de guerre, Charles VIII de France et Ferdinand le Catholique se rapprochent. L’enjeu, principalement politique, était la possession de la Cerdagne et du Roussillon. Or cet année-là le roi de France voulut se débarrasser de ces territoires. Des représentants des deux parties se rencontrèrent au château de la Biterna, à Claira, pour s’entendre sur les conditions, ce qui fut fait sans anicroche particulier. On peux donc dire que c’est à Claira qu’eu lieu la fin de la guerre de 30 ans !

Renaissance et époque contemporaine

En 1600 nous avons la trace de l’administration réelle du village. Il y avait deux pouvoirs dans le village : Le premier était représenté par l’église, en pratique il s’agissait du prieur de St Pierre de Vilario, Antoni Azémar. Le second était constitué par l’université, c’est à dire un conseil des chefs de familles (Cap de Casa comme on dit en catalan) Cette université fut créé au XIIIe siècle, elle avait trois consuls élus démocratiquement parmi les pagès, c’est à dire les agriculteurs indépendants. Il s’agissait donc une structure très ancienne et largement répandue dans la région.

En 1588 et 1592 eut lieu l’épidémie de peste. Cette épidémie, arrivée à la fin du XIVe siècle marqua de nombreux villages dans toute la région. A Claira toutefois elle arriva assez tard et relativement peu souvent, comme si le village était sous la protection du saint local.

Le 20 septembre 1600 le prieur obtient du pape les droits sur l’hôpital et l’aumônerie du village. A l’époque nombreux étaient les villages qui avaient leur propre hôpital. Initialement ils étaient dépendants de l’université, mais celle-ci était trop pauvre pour vraiment pouvoir faire fonctionner ces édifices normalement. C’est pourquoi le prieur est intervenu pour les récupérer. Notez que le pape imposa toutefois à l’université à verser un tribut au prieur pour les frais de fonctionnement.

Quelques années plus tard, la guerre franco-espagnole s’approcha. Toute la région commençait à s’y préparer. A Claira les habitants s’armèrent et construisirent les remparts de la ville. Le 10 juin 1639 les français, stationnés à La Palme, traversèrent les Corbières et envahirent la Salanque. Ils attaquèrent Opoul, Rivesaltes et Claira. Le soir même les trois villes étaient à eux. Du coup le village fut abandonné par les habitants qui durent fuir dans la plaine.

Les registres paroissiaux de Claira nous apportent la preuve de l’absence de population dans le village pendant quelques années. Claira ne revit ses habitants qu’en 1642. En 1659 le Roussillon devient français suite à la signature du traité des Pyrénées, et le restera définitivement.

 

Héraldique

Description du blason de ClairaExpression héraldique

d’azur au dextrochère armé d’une épée haute posée en bande, le tout d’ or, issant d’une burelle ondée d’ argent en pointe, à la meule de moulin d’argent percée du champ, brochant sur l’épée, tiercée en pairle ondé renversé par un filet de sable, chargée au premier d’une cloche de gueules, au deuxième d’une tour donjonnée du même, ouverte et ajourée aussi d’argent, au troisième d’un chardon aussi de gueule.

Description

Le blason de Claira est l’un des plus complexes existant dans la région. Pour bien le comprendre, il faut analyser son expression héraldique.

Tout d’abord, il s’agit d’un blason non scindé en plusieurs parties, il commence donc par sa couleur dominante. Ici, c’est « l’azur » (nom que l’on donne au bleu). Il contient un dextrochère (un bras), armé d’une épé haute posée en « bande ». La bande est une indication de direction : En diagonale. La couleur est « d’or », c’est à dire jaune. La « burelle » est « ondée » et « d’argent ». La burelle, c’est une bande horizontale étroite. Elle est dite « ondé » quand elle ondule, et l’argent correspond à la couleur blanche. Enfin la burelle est qualifiée « d’en pointe », qui fait référence au bas du blason.

La suite concerne la meule dite d’argent (blanche). Elle « broche » l’épée, c’est à dire qu’elle le traverse. La meule est « tiercée » en « pairle » (séparée en trois parties formant un Y) « ondé », donc aux limites ondulantes et enfin « renversé par un filet de sable », signifiant mis en effet 3 dimension par une bande noire (Sable). Puisque la meule est divisée en trois, il faut faire la description des trois parties : La première ornée d’une cloche « de gueule » (c’est à dire). La deuxième d’un donjon « ouvert » et « ajouré » d’argent (dont la porte et les fenêtre sont de couleur blanche). La troisième est un chardon de « gueules » (rouge).

Explications

Le blason de Claira est une création récente, c’est une création destinée à pallier l’absence de blason pour cette ville. Il représente un dextrochère, c’est à dire un bras armé d’une épée d’or sur un fond d’azur. Une meule accueille trois symboles de la ville : Une cloche, un château donjonné et un chardon. On retrouve ce blason dans la ville en fer forgé.